1/24/2012

Maintenant, c'est l'hiver pour vrai!

Le vrai de vrai hiver glissant, sale et mouillé. Vous aurez deviné, il pleut et bien entendu c’est ce merveilleux verglas qui nous fait grâce de sa présence.


Le paysage est beaucoup plus triste lorsque l’asphalte est luisant de glace plutôt que couverte d’une belle couche de neige bien craquante! Déjà quand on n’est pas « fan » de la saison c’est difficile de garder le sourire quand il fait -30 degrés Celsius, mais quand le verglas se met de la partie c’est peine perdu… on boude!

Mais pas trop le choix de faire avec, il faut se consoler en se disant que bientôt ce sera le temps des sucres! La grande consolation à l’hiver québécois haha. En attendant, une bonne tasse de thé bien chaude ça aide à garder le moral.


Et si le prix est décourageant par moment, on peut dire que le produit est bon jusqu’à la dernière goutte!


Toujours dans la réalisation du projet super ennuyeux, mais très attendu par PapaMonstre, j’avance à pas de tortue! J’ai quand même terminé le premier bas, mais j’entame à peine le second… courage MamanMonstre, courage!


La bonne nouvelle c’est que PapaMonstre les aime déjà, ou alors il n’a pas le courage de me dire qu’il ne les aime pas parce que ça voudrait probablement dire qu’il va devoir continuer de se geler les orteils!! (en passant, je dis ça de même PapaMonstre, mais il y a 5-6 mois d’attente pour les Darn Pretty…)

Que voulez-vous, le prix à payer pour mes services de tricoteuse sont ce qu’ils sont ;)… puis PapaMonstre sait ce qui est bon pour lui hahaha!

Blagues à part, je crois avoir déjà abordé ce sujet, mais j’ai beaucoup de chance… je n’ai pas beaucoup de « gimmiepigs » dans mon entourage. Vous savez, ces gens qui n’ont rien de mieux à faire que de demander, demander et demander encore plus? Sur certains forum que je fréquente, les tricoteuses (et tricoteur, oui oui il y a des hommes qui tricote et c’est heureusement une denrée beaucoup moins rare qu’à ce qu’il n’y parait!) se font carrément harcelée par leurs collègues et leurs proches pour avoir des châles en dentelles, des bas en cachemire, des foulards de six pieds de long en quatorze couleur… etc.

Bref, vous voyez le genre? Tu aimes ça le tricot, tu n’as donc rien de mieux à faire que de passer plusieurs heures à me faire un tricot et souvent c’est entendu que ce sera « out of the goodness of your heart » (lire ici : gratiiiiis) parce que la personne qui réclame n’as pas l’intention de les payer.

J’ai la chance de ne pas vraiment avoir eu de mauvaises expériences de ce côté. La « transaction » avec la cousine de PapaMonstre a été très satisfaisante pour moi (j’adore le collier et la breloque que j’en ai retiré) et je n’ai pas (encore) entendu ronchonner contre la tuque/mitaines et cache-cou qu’elle en a retiré!

C’est vrai, dans mon entourage il y a ma grande cousine monstre qui réclame sans relâche ses chaussettes et qui se butte malheureusement à mon appréhension de l’objet! Malheureusement pour moi, elle partage d’excellente recette avec moi dans le but à peine subtil de se mériter des chaussettes et ça adonne que c’est toujours trop bon et que ça me donne PRESQUE le goût de me mettre aux chaussettes! Blagues à part, échange de bons procédés oblige, il ne me reste qu’à me fixer sur un modèle… mais je refuse obstinément de faire des chaussettes en phentex platte!

Il y a aussi TatiMonstre qui m'a bien avertie que lorsqu’elle nous préparerait un petit BébéMonstre je serai dans l’obligation de produire des quantités effrayantes de tricot en prévision de l’évènement. Ce sera probablement un autre échange de bons procédés puisqu’elle tricote également. Souvenez-vous, c’est elle qui a fait le superbe serpent que Monstre#1 a reçu à Noël.


Pour le reste, je tricote principalement pour mes monstres, qui montrent toujours une reconnaissance sans bornes pour ce qu’ils obtiennent (en attendant l’adolescence), pour GrandMamanMonstre qui apprécie tout ce que je fais (au point où j’ai envie de lui offrir un collier de macaroni pour voir sa réaction) et les bébés qui arrivent de partout dans notre entourage! Ce n’est pas peu dire, j’ai même préparé une petite valise de bienvenue pour le bébé d’un employé de PapaMonstre.

Je fais des petits bonnets que je donne gratuitement et cette année je réussirai peut-être à offrir des peluches. Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas l’exemple parfait de la tricoteuse égoïste qui se refuse à partager le fruit de son labeur.

Il demeure qu’il y a une différence immense entre partager le fruit de mon ouvrage en cadeau ou en échange et tricoter sur commande et sans compensations. Comme je l’ai déjà dit plus haut, j’ai beaucoup de chance puisque personne dans mon entourage ne semble s’attendre à recevoir une couverture « king size » dans un délai de deux semaines gratuitement ou à peine pour le prix du fil à tricoter!

Si je ne suis pas nécessairement égoïste de mon passe-temps, il demeure que je suis probablement beaucoup moins réceptive à l’idée de vendre mes tricots que ce qu’on pourrait penser. C’est vrai qu’à première vue ça peut être alléchant comme idée, mais c’est incompatible avec les réflexes des consommateurs que nous sommes. Je vous explique…

Prenons, par exemple, le fameux bonnet de bébé standard et sans froufrou que voilà :


Quantité de fil dérisoire, disons un gros dollar, et tricot relativement simple et petit ce qui veut dire rapide… maximum deux heures de tricot sans interruption. Le salaire minimum est près de dix dollar de l’heure, donc ce joli petit bonnet tout simple à vingt et un dollar, ça vous dit? Parce que c’est de ça qu’on parle dans le fond pour les artisans qui sont à leur compte. Comme le revenu généré est incertain et qu’il dépend de la vente de l’objet et non pas du nombre d’heures travaillées, il faut pouvoir demander un montant qui reflète la valeur du travail effectué et qui permet à l’artisan de faire un profit.

Personne n’a envie de payer 21$ pour ce genre de petit chapeau qui se vend pour maximum 1$ ou 2$ dans les grandes surfaces… disons entre 5$ et 10$ dans les boutiques et en fil haut de gamme (de la vrai laine, du cachemire ou autre). Pourtant, il y a quand même deux heures de travail dans ce petit bonnet!

Je n’ose même pas penser au prix qui reflèterait la valeur d’une des peluches que j’ai faites pour Monstre#1 ou Monstre#2, que dire de ce que je devrais demander pour le serpent de Monstre#1 qui m’a pris plusieurs jours de travail!

C’est vrai que si je n’accorde pas (ou très peu) de valeur à mon temps je peux demander un prix plus réaliste, mais encore là mon revenu dépend de la vente de l’objet et si je n’en vends pas assez je n’ai pas un revenu qui justifie l’investissement de temps dans l’exercice.

Je ne dis pas que je ne serais pas prête à prendre certaines commandes, mais je ne veux pas devoir subir la pression de produire des items qui n’ont pas déjà preneur. Parce que si j’ai déjà entendu certaines personnes dirent qu’elles seraient prête à payer au moins 50$ pour un chandail comme un de ceux de Monstre#2 (disons, en taille 3-4 ans, 10$ de matériaux et une semaine au moins de travail), personne n’a été sérieux au point de chercher à passer une commande ;).

En attendant, je préfère de loin me dire que les cadeaux que j’offre ont une valeur plus grande que ce que j’aurais pu offrir en achetant dans un magasin grande surface et que ça a le mérite d’avoir été fait avec amour au lieu d’avoir été fait dans un « sweatshop »!

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