9/14/2011

C'est lourd...

Si les billets que nous publions ici sont souvent empreint de légèreté et visent à divertir, tout en assouvissant un léger besoin exhibitionniste de vous tenir au courant de ce qui se passe par chez nous, celui-ci risque d'être plus lourd.

Parce que c'est lourd en ce moment. La rentrée scolaire se passe plutôt mal pour monstre#1 pour une multitude de raisons, justes et moins justes, mais aucunes sur lesquelles nous avons un quelconque contrôle. L'engrenage tourne et nous somme relégués au rôle d'observateurs impuissants.

C'est d'autant plus le cas de mon côté parce que je ne suis pas un *vrai* parent pour monstre#1. Je ne suis donc pas la bienvenue aux différentes rencontres et je n'obtiens les informations que par le biais de PapaMonstre... qui n'a que très peu de talent pour relater le contenu de ces dites rencontres.

Devant l'imposante institution scolaire qui se dresse devant nous avec ses experts et son inflexible position en ce qui concerne monstre#1, nous sommes sans recours. Nous faisons face à ce mur d'intolérance exécrable, à mon avis, mais entre nous se trouve un petit bonhomme bien plus démuni encore. Comment le guider et l'épauler dans cette nouvelle étape de sa vie alors que nous sommes nous-même évincés du processus déterminant qui va venir marquer sa première année d'école?

Comment ne pas lui laisser voir que je ressens moi-même une rage explosive après avoir compris pourquoi c’est au travers de larmes et de sanglots qu’il me raconte ses journées? Comment lui faire aimer l’école alors que je vois bien que les mesures prises pour lui venir en aide sont lacunaires, pour ne pas dire complètement absurdes? Comment lui expliquer qu'il se doit de se plier au cadre que l’on cherche à lui imposer, malgré le fait que les moyens pour y parvenir font de lui une cible facile pour ses pairs?

Une accusation facile à porter ici serait celle voulant que nous fassions les autruches à cause de notre affection pour monstre#1. Qu’à cause de ce lien qui nous uni à ce petit, nous ne sommes pas en mesure d’admettre que les experts ont raison dans leur intervention…

Mais je ne suis pas folle, je suis une personne logique et intelligente… moi aussi j’ai des gros diplômes qui valent leur pesant d’or et je ne comprends pas.

Je suis démunie devant la décision de ces experts d’avertir tous les autres enfants de l’école que monstre#1 est différent. Parce qu’ils ont jugés qu’il est différent sans faire de test, sans l’observer sur une période adéquate, sans lui donner la chance de s’adapter à ce nouveau cadre de vie qu’est l’école alors que ses pairs ont tous vécu l’expérience lors de leur pré maternelle.

Je ne vois pas comment faire pour rattraper ce qui m’apparait comme une injustice qui marquera monstre#1 de façon indélébile pour le reste de son parcours académique. Je n’ai pas de réponse à mes questions et j’en ai encore moins pour ce petit bonhomme de 5 ans qui pleure en me racontant sa journée, qui pleure en me racontant que son enseignante le chicane alors qu’il se fait tabasser et qui ne comprend pas pourquoi on doit lui enlever ses items à l’effigie de super héros.

Devant l’énormité de la situation, que faire pour dédramatiser et aider monstre#1 à aimer son nouvel environnement? Parce que devant la machine professionnelle nous ne faisons pas le poids et nous n’avons pas droit de parole… ce n’est pas peu dire que les mesures d’interventions et l’annonce à l’école entière aient été prises et faites sans que les parents de monstre#1 n’ait été mis au courant.

L’école possède les enfants, les parents n’ont plus de pouvoir décisionnel, l’enfant n’a pas le droit au respect de sa vie privée et à la discrétion relative à sa condition… condition non diagnostiquée au moment où ses lignes sont publiées. Ce sont l’enseignante et la direction qui ont tranchés, qui se sont élevées comme juges, comme experts médicaux et comme seuls responsable de l’enfant en écartant les parents du processus d’intervention.

J’ai toujours, ou presque, défendu cette institution qui est au prise avec des problématiques parfois déchirantes. Cette institution qui, avec peu de moyen, doit aider les enfants à se forger eux-mêmes en tant qu’individus.

Mais l’école ne peut se substituée aux parents. L’école ne peut bafouer le droit à l’intégrité et à l’intimité d’un enfant. L’école ne peut se posée en seule et unique juge de la condition médicale et psychologique d’un enfant sans consulter les parents. Ceci me semble complètement aberrant et je m’explique mal la situation dans laquelle nous nous retrouvons. Mais au milieu de toute cette rage, cette incompréhension et ce sentiment d’injustice il y a ce petit bonhomme innocent qui ne comprend pas encore la gravité des actions qui ont été commises envers lui.

Un petit bonhomme qui va encore fièrement choisir ses vêtements lundi matin pour être le plus beau possible à l’école et qui va nous promettre « de faire comme il faut ». Un petit bonhomme qui va revenir tout content, sauter en bas du bus le sourire aux lèvres avant de s’élancer vers moi et monstre#2 qui allons l’attendre devant la porte.

Un petit bonhomme qui va fondre en larme quand je vais lui demander comment s’est passée sa journée et qu’est-ce qu’il a fait d’intéressant avec son enseignante. Un petit bonhomme qui va se tourner vers nous pour l’aider à surmonter ces difficultés et à comprendre pourquoi les adultes agissent de la sorte avec lui…

Un petit bonhomme qui n’aura que notre regard plein de questions et d’insécurité vers lequel se tourner.

Alors c'est lourd en ce moment, très lourd.

1 commentaire:

  1. Des plaintes à la commission scolaire. Tu ne peux pas étiquetter un enfant comme différent devant d'autres enfant qui n'y entendront qu'un synonyme de "pas normal".
    J'évolue dans le milieu de l'éducation. Aucune commission scolaire ne va accepter ça. Et sur quelle base on ordonne aux parents d'éviter un super héros plutôt qu'un autre?

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